J’apprends les Kanji 漢字

Kanji

 Caractères Japonais

Comment raconter ce qu’est ce parcours d’apprentissage de signes par milliers…

Ceux qui ont essayé savent. Ceux qui ont réussi savent surement aussi. Même les autres doivent savoir, d’une autre manière !

Les Kanji (ou Hanzi pour le Chinois), ce sont les caractères de l’écriture japonaise hérités de l’écriture chinoise. kanji

En Manque de Sens – Errances au Pays des Kanji


Pénétrer le monde des Kanji.

Comme un voyage que l’on a longtemps rêvé, puis préparé, un voyage à pied, en barque, en avion.

Déguster les mots d’un Autre.

Comme un mets aux saveurs rafraichissantes et déroutantes, dont la langue ne sait pas encore accepter la texture mais dont elle sait qu’elle ne voudra plus oublier.

Entendre enfin l’image parler, l’image chanter, et danser joyeusement des yeux et du pinceau, parmi les lignes du Signe.

Kanji.

 

Comme un voisin inconnu que l’on croise chaque matin, mais dont on ne connait que le visage et les horaires de va-et-vient. Son nom…?

Les Kanji, les Hanzi, on les rencontre dans la vie de tous les jours, dans les mangas, sur l’emballage des nouilles, dans les messages d’amis ou d’inconnus des réseaux sociaux. Nos yeux les enveloppent sans les déchiffrer, les évitent même, pour se ruer sur un caractère latin dans le confort et l’ennui du connu.

Une forme que l’on connait sans reconnaitre et vice-versa, qui nous dit seulement : tu es extérieur à mon monde. Les signes silencieux d’un monde bien visible mais qui ne fait pas sens.

C’est un long chemin où je me suis déjà aventurée parfois. Des plaines et des montagnes, puis soudain un grand lac. Je rame, je rame, et me voilà…sur la même rive. J’ai rebroussé chemin plusieurs fois, faute de trouver un passage.

La frustration du voyage qu’on n’a pas fait, qu’on a peur de ne jamais faire. Rester sur le quai, avec tant d’autres, tandis que le bateau, sourires à bord, largue les amarres. Ils nous enverront une carte postale…

On connait les paysages, on les a imaginés, puis regardés dans les livres, les guides, les blogs, où l’on explore ces lieux extérieurs à notre histoire « de chair et d’os ». Mais ces paysages ont le sens qu’un autre leur a donné. On se nourrit de songes, faute de pouvoir toucher et humer ce que nos yeux, rivés à un rectangle plat et coloré, content à notre coeur pour apaiser son impatience.

Comme un menu qu’on vous raconte, mais dont vos papilles ne savent pas invoquer la saveur faute de l’avoir rencontrée déjà.

Puis un jour, ce repas attendu arrive. Loin d’une dégustation, voilà que c’est un gavage qui commence. Par paquets, les caractères se coincent dans votre gosier, et rien ne se digère.

Peut-être que j’ai trouvé un chemin aujourd’hui. Il y a un sens aux Kanji, on ne peut pas l’ignorer.

kanji2

Voilà, j’attaque les Kanji ! Il y a des erreurs que je ne ferai plus…


 

Mais doucement promis, je ne leur ferai pas mal  :lol: !

Après plusieurs tentatives d’apprendre le Chinois (avec les Hanzi, l’équivalent des Kanji), en cours du soir en fac, puis toute seule, puis en cours du soir en fac, puis sur internet en autodidacte, j’ai fini par décider de faire une pause pour attaquer sérieusement…le Japonais ! Mais j’ai la ferme intention, si je survis à l’apprentissage du Japonais, de reprendre le Chinois dans quelques années.

Je n’ai pas une très bonne mémoire visuelle (en tout cas pas pour des signes purement géométriques, pour que ça marche il me faut une signification).

L’erreur que j’ai faite avec le Chinois, c’est de me contenter de passer plein de temps à copier des lignes de Hanzi. Résultat, caractères oubliés assez rapidement (sans parler de l’ennuiiiii de la tâche).

Quelques années et rides (snif) plus tard, j’aborde le Japonais avec la sagesse qui sied à une fée (oui, c’est mon métier) qui a maintenant un ou deux  cheveux blancs (re-snif) : j’ai compris qu’il faut que ce soit amusant ou joli pour que je mémorise. Au minimum, il faut que ça se rapporte a quelque chose qui existe déjà quelque part dans ma mémoire. La mémoire a besoin de liens, elle veut faire des connexions pour renforcer et encore renforcer ces mêmes liens.

16 janvier 2014 je fais la promesse solennelle 8-)  d’acquérir au minimum 1 kanji par jour ou 7 par semaine ou 30 par mois ou 365 par an, jusqu’à épuisement des stocks (il y en a environ 2000 je crois – et pas question de solder).

Objectif J.O. de Tokyo (où je ne compte pas aller bien sur, déjà sans touristes Tokyo est trop peuplée et speed pour moi – je suis plus Kyoto…voire carrément Beppu :-D !). C’est juste histoire d’avoir une date pour mon objectif. Une date  symbolique, qui rende l’objectif accessible. Objectif parler et comprendre raisonnablement le Japonais d’ici la période des J.O. Pour moi ce sera donc préparation en vue du Japonais Olympique :-P , avec entrainement quotidien aux Kanji.

Comme je mène cette opération seule (le D.U. de Japonais auquel je suis inscrite ne comprend pas l’apprentissage des Kanji), je vais partager ça sur le blog, en espérant qu’au fil des mois, j’y trouverai quelque compagnie sous forme de lecteurs ou commentateurs. J’ai compris ça aussi : étudier seule, c’est difficile.

Qui sait, peut-etre que certains, que mes errances nippones auront inspirés, auront envie de participer à ce voyage au Pays des Kanji ;-) ?

漢字Kanji2

Apprendre quoi et comment ? Une méthode


Alors qu’en fac la méthode proposée était : « faites des lignes. point. », j’ai découvert en vadrouillant sur internet que d’autres options plus efficaces existaient et qu’on m’avait sournoisement dissimulé tout cela à l’insu secrète et cachée de moi-même 8-O  !

Chanceuse d’avoir fait cette découverte, j’ai pu utiliser certains moyens mnémotechniques pour mémoriser les syllabaires, les Kana, un peu plus facilement. Pour les Kanji, j’espere que ça marchera. Les deux syllabaires, c’était 46 signes à apprendre pour chacun. Les Kanji, ce sera 2000. Gloups ! Enfin, c’est une broutille, à l’époque du Chinois, la prof nous avait annoncé qu’on en aurait 3.000 à avaler – sur les 5.000 qu’une personne très cultivée maitrise – et sur les 56.000 recensés par le dictionnaire Hanyu Da Zidian !

Voici mon plan d’attaque :

1. Je vais me baser sur les caractères et les clés que je connais déjà (étudiés en Chinois), que je préciserai en début d’article. En les associant ensemble, on retrouve d’autres caractères ou on forme des mots. Trop fastoche, trop rapide, c’est le voyage en avion vers le pays des Kanji !

2. Bien sur, cela ne suffit pas. Il faut que j’apprenne de nouveaux Kanji…ça risque d’être un peu plus long, genre voyage à pied !

3. Et pour les plus complexes, on peut carrément parler de voyage en barque…on rame ! Il faudra décomposer le Kanji, le couper menu menu, pour lui trouver un sens.

–> Les moyens mnémotechniques développés actuellement consistent à utiliser soit l’histoire réelle de l’évolution du caractère (les Kanji, ou plutot les Hanzi chinois, ce sont des petits dessins qui ont été stylisés au fil du  temps, en fait), ou alors une histoire inventée, de s’imaginer un dessin qui correspond au kanji…tous les moyens imaginatifs sont bons, plus ça marque, mieux c’est. Il paraït que les images droles ou choquantes fonctionnent encore mieux (je vais me contenter de « drôles » :lol: ). Mission : trouver des images et des histoires chouettes, jolies ou marrantes. Et courtes (je sais, là vous ne me croyez pas). Pour tenir l’ennemi no 1 à distance – j’ai nommé « l’ennuiiiiiiii » !

Voici un article en Anglais qui détaille cette manière d’étudier les caractères chinois ou japonais.

4. En plus du Kanji, il faut mémoriser sa prononciation…je vais tester la mise en bouche via des jeux de mots…ça promet d’être un peu abracadabrant.

5. Ecrire. Sur l’ordinateur, en intégrant les nouveaux kanji dans des phrases de mon crû (aïe aïe aïe :lol: ). Pour que le cerveau mémorise, il faut créer des liens. En associant des histoires et des sons, en contextualisant. Sinon le cerveau ne sait pas réutiliser le mot. Il croit que c’est un truc qu’on ne rencontre que dans la circonstance où il l’a vu – c’est a dire votre liste de mots !

Et puisqu’on ne peut pas y échapper : écrire des lignes. A la main :-?  . Il faut bien apprendre a écrire, pas seulement à lire, et les aires du cerveau en jeu dans les deux opérations ne sont pas tout à fait les mêmes, parait-il…

 

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Sources utilisées :

- dictionnaire iOS imiwa? pour le choix des kanji et la traduction

- site jisho.org pour le choix des kanji et la traduction

- fontmeme.com pour les jolies polices de caractères japonais